L´immigration

Les déportations à Oujda : Exemple d´un cas
Un subsaharien qui a vécu la déportation à Oujda 8 fois, pendant presque deux années de séjour au Maroc.
La dernière fois c´était au décembre 2011. Il était à côté de Tetouan pour essayer de traverser la frontière du Maroc à l´Espagne en nageant avec deux autres personnes, quand les militaires marocains l´ont pris, juste après quelques mètres dans l´eau. Pendant l´arrestation ils l´ont blessé les jambes. Après ils les ont emmené à la station de police de Finideq. Là ils restaient 2 jours dans la prison. Les policiers les ont donné des vêtements (sauf des chaussures!), et assez à manger. Après cela, la personne a dû aller à Tetouan à la justice pour déclarer la perte de son passeport et son permis de conduire. Ensuite, il a dû rester à la station de police à Tetouan pour trois jours encore. Dès que là ils l´ont déporté avec environ 35 autres migrants subsahariens à Oujda. Après un jour dans la prison à Oujda ils les ont encore éloigné, c´était 2h dans la nuit où ils sont arrivés à côté de la frontière avec l´Algérie dans la forêt. Il était encore sans chaussures. Mais il avait de la chance parce qu´il y était un marocain qui lui a donné des chaussures. La nuit il a passé à la gare du train, toute la nuit sans dormir. (C´était le jour des élections) Il a marché jusqu`à une gare où il a réussi à prendre un train clandestinement jusqu`à Taza, et de Taza à Fes il a pris un train de marchandises, avec 4 autres personnes. Après son arrivée à Fes à 2h la nuit il pouvait prendre le train à Tanger légalement car un marocain lui a donné les 105 dirhams pour le voyage.
Pendant tout le voyage retour de Oujda à Tanger il n´a pas bien dormi, il a même pas dormi plus de 48 heures. Pour manger et boire il devait demander aux gens dans la rue ou dans les cafés. Pour boire c´était pas trop difficile mais pour manger ils n´ont pas donné beaucoup. Parfois les gens donnent l´argent, c´est à dire une somme de 5 ou 10 dirhams.
Il a expliqué qu´après cette expérience il n´a pas quitté sa chambre pour trois jours parce qu´il était trop fatigué.
Comme c´était la 8ème fois qu´il était déporté, il a au moins un peu connu la route. «Normalement» quand il est déporté à Oujda, il marche au pied jusqu’ à la ville de Berkane ou Naima (60-100km) et là il prend le train ou, s´il a l´argent, il prend le taxi.