Les forces marocaines entrent à Melilla pour expulser les immigrants

Melilla a subi de fortes pressions migratoires en fin de semaine dernière. Pour contrecarrer les entrées massives, les forces de l’ordre marocaines sont entrées dans la ville autonome pour expulser les migrants qui arrivaient à traverser la barrière frontalière. Révélé par une ONG qui en a publié les images, le fait est dénoncé comme une « violation flagrante » des droits de l’homme.
Vendredi 28 mars, les forces auxiliaires marocaines sont entrées à Melilla pour expulser des migrants qui se trouvaient derrière la clôture frontalière du côté de la ville autonome. Le fait a été révélé par l’association espagnole Prodein avec pour preuve des photos et une vidéo et fait la une de la presse espagnole ce lundi.
Ces images montrent comment plusieurs soldats marocains sont entrés dans la zone situées entre les deux clôtures (marocaine et espagnole) pour faire descendre les migrants perchés sur la barrière espagnole afin de les ramener au Maroc. Selon les explications de l’ONG, les forces marocaines y ont été introduites par la police espagnole qui leur a ouvert la porte arrière de sa clôture. Depuis que Rabat et Madrid collaborent pour lutter contre l’immigration irrégulière, c’est la première fois que les forces marocaines réalisent un tel acte.
Prodein dénonce une violation « flagrante » des droits de l’homme par les forces marocaines. Elles « ont traversé une frontière internationale, armés et sous le regard de la garde civile qui n’a absolument rien dit », s’offusque son président, Joseph Palazon, rapportant que les agents marocains usaient de matraques.
L’association rappelle que la loi espagnole interdit l’expulsion des personnes non identifiées et dont la volonté de demande d’asile n’a pas été vérifiée. « Quelqu’un doit expliquer pourquoi les Marocains qui se trouvent à gauche de la frontière sont entrés dans notre pays pour agir à l’encontre de notre législation », revendique M. Palazon. L’ONG compte déposer une nouvelle plainte contre le représentant du gouvernement à Melilla et le colonel de la garde civile, toujours concernant la gestion de cette immigration irrégulière.


Rabat et Madrid étaient-ils d’un commun accord ?
Jusqu’ici, le Maroc avait employé différentes méthodes pour contrecarrer l’immigration irrégulière vers l’Espagne. A la demande de Madrid, Rabat a renforcé –début mars- sa présence militaire près des frontières de Ceuta et Melilla, en raison des assauts massifs enregistrés depuis le début de l’année, et dont le rythme n’a fait que s’accélérer. La semaine dernière, le quotidien espagnol El Pais révélait que les autorités marocaines avaient lancé des travaux de renforcement de la frontière avec Melilla. Malgré tout cela, les tentatives d’assauts n’ont pas cessé de se multiplier. Jeudi 27 mars, les forces marocaines ont empêché l’entrée de 1000 migrants à Melilla. Le lendemain près 800 migrants renouvelaient une tentative d’assaut, suite à laquelle 10 d’entre eux ont réussi à entrer dans l’enclave. On sait très bien que les Espagnols comptent énormément sur l’aide du Maroc sur ce dossier. Mais Rabat restant très discret, difficile de dire si les forces marocaines sont entrées à Melilla vendredi dernier avec l’accord des Espagnols ou non. Nous avons tenté de joindre en vain le ministère de l’Intérieur pour obtenir une réponse.
De son côté, l’un des porte-parole de la garde civile, interrogée sous anonymat par le site Cadenaser s’est montré plutôt très étonné. Après avoir vu les images enregistrées par l’ONG Prodein, il a affirmé : « le plus grave, c’est que les Marocains viennent sur le sol espagnol pour faire quelque chose d’illégal, expulser des immigrants non identifiés du territoire espagnol », rapporte la même source.
Toutefois, il ne serait pas étonnant que cette opération marocaine soit le résultat d’un accord secret avec les Espagnols. D’autant plus que Melilla subi une trop forte pression migratoire ces derniers temps. Et les responsables espagnols n’arrêtent pas d’appeler au secours leurs homologues marocains. « La collaboration du Maroc est essentielle pour résoudre ce problème d’immigration clandestine », a réitéré le président de Melilla, Juan José Imbroda, dans une interview accordée au journal La Rioja. Les explications de Rabat sont actuellement plus que nécessaires, dans cette affaire qui pourrait prendre des tournures insoutenables, avec à la clé de graves critiques quant au respect du droit international.

via http://www.yabiladi.com/articles/details/24564/forces-marocaines-entrent-melilla-pour.html

 

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Pas de centres de rétention des migrants irréguliers en vue au Maroc

Il n’y aura pas de centres d’accueil pour les migrants irréguliers au Maroc. Le ministère de l’Intérieur a mis ainsi fin hier aux rumeurs qui enflent depuis quelques jours et selon lesquelles un pareil centre sera prochainement édifié à Salé avant que d’autres établissements ne voient le jour à Tanger, Oujda et Nador. C’est ce qu’a révélé l’agence espagnole EFE en citant des sources de ce département sans donner plus de précision.
«L’information a été relayée il y a quelques jours par un organe de presse arabophone. Elle avait annoncé l’ouverture d’un centre pour immigrants illégaux. Entre-temps, aucun communiqué ou source officielle n’avait ni confirmé ni infirmé cette information», nous a indiqué Saïd Tbel de l’Espace associatif. Même son de cloche de la part de Stéphane Julinet, chargé du Programme droit des étrangers et plaidoyer au Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM) qui nous a précisé que le flou n’a que trop duré. «Il y a eu un black-out de la part du ministère de l’Intérieur concernant ce sujet d’autant que certains parlaient non pas de centres d’accueil, mais plutôt de centres de détention», nous a-t-il expliqué.
En effet, le projet de création de centres d’accueil des migrants illégaux et des demandeurs d’asile ne semble pas avoir fait l’unanimité au sein du monde associatif œuvrant dans le domaine de la migration. Pour Saïd Tbel, la création de ces centres engendrera plus de problèmes qu’elle va en résoudre. «L’expérience a démontré l’inefficience voire le danger de créer pareils centres comme en attestent les expériences française, espagnole et italienne dans ce domaine. Mieux, le Maroc a déjà expérimenté les limites de cette mesure avec l’échec du centre de détention pour mineurs créé en 2005 qui s’est révélé un vrai fiasco», nous a-t-il confié.
Notre source estime que ces centres exigent plus de contrôles notamment policiers. Ce qui crée, selon lui, des situations conflictuelles difficiles à gérer. «On est pour des centres d’accueil pour ces personnes qui endurent des conditions d’extrême précarité socio-économique notamment en matière de santé et de sécurité. Mais ces centres devraient être gérés par des ONG et non pas par l’Etat», nous a-t-il lancé avant d’ajouter : «Il y a une pression de la part de l’UE pour la mise en place de ce genre de centres dans le cadre du «partage» de responsabilités concernant la nouvelle politique d’externalisation». D’après lui, la réalité d’aujourd’hui n’annonce rien de bon pour les migrants irréguliers comme en témoigne l’opération d’identification des personnes via la politique de régularisation en cours et la reprise des activités de retours volontaires avec l’OIM.
De son côté, le GADEM a déclaré à EFE que l’ouverture d’un centre d’accueil d’immigrés en situation irrégulière serait «une erreur historique» au Maroc. Pour sa part, Stéphane Julinet nous a déclaré que ces centres ne s’inscrivent pas dans les mesures d’urgence et que cette question peut attendre, surtout que l’opération de régularisation de la situation des étrangers en séjour illégal au Maroc traîne encore.
Pour l’ensemble des acteurs associatifs, la création des centres d’accueil se pose aujourd’hui avec acuité notamment à quelques jours de la réunion mixte, entre Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur, et son homologue espagnol, Jorge Fernando Diaz, prévue pour le 26 mars à Tanger. Une rencontre très attendue et qui intervient à un moment où l’Union européenne veut faire pression sur Rabat pour signer un accord de réadmission des immigrés clandestins en Europe.
Des inquiétudes que certains observateurs tentent d’apaiser. Pour eux, le Maroc a toujours refusé d’installer des centres d’accueil sur son territoire comme il a toujours refusé d’être associé à l’idée européenne qui veut faire du Royaume un gendarme de l’Europe. «Le Maroc a toujours été réticent et cela depuis longtemps et il a ses raisons. C’est pourquoi, il ne faut pas attendre grande-chose de la réunion maroco-espagnole», nous a confié une source sous le sceau de l’anonymat.

Espagne/Maroc : Il faut protéger les migrants et les demandeurs d’asile

Nador, Maroc, novembre 2012 – Un migrant originaire du Mali allongé dans une grotte qui lui sert d’abri. Dans les forêts et les montagnes qui entourent Nador, des groupes de migrants d’Afrique subsaharienne survivent en attendant le moment propice pour tenter de traverser la frontière entre le Maroc et la ville de Melilla, une enclave espagnole située sur la côte nord du Maroc.

Les tentatives à grande échelle d’escalade des barrières à Ceuta et Melilla posent de réels problèmes de sécurité, et l’Espagne a le droit de contrôler ses frontières. Ces enjeux ne déchargent toutefois pas l’Espagne de son obligation de respect des droits humains, y compris du droit d’asile et de protection des migrants contre tout traitement inhumain.
Judith Sunderland, chercheuse senior pour l’Europe occidentale
(Bruxelles) – Les autorités espagnoles et marocaines devraient mettre en place des procédures afin de protéger les droits des migrants et de rejeter les expulsions sommaires à la frontière, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Lors d’une réunion le 26 mars 2014 avec le Maroc, l’Espagne a l’intention de faire pression en faveur d’un mécanisme explicite permettant l’expulsion sommaire et immédiate des migrants clandestins depuis Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles sur la côte méditerranéenne marocaine.

« L’expulsion de personnes hors des frontières, sans procédure régulière, ni recherche de protection, viole les lois espagnole, européenne et internationale », a expliqué Judith Sunderland, chercheuse senior pour l’Europe occidentale chez Human Rights Watch. « D’autant plus que les migrants renvoyés de force au Maroc doivent faire face à des actes de violence et à d’autres abus pratiqués par les forces de sécurité marocaines. »

La réunion du 26 mars à Tanger inclura des discussions sur la façon de mettre en œuvre l’accord bilatéral de réadmission en vigueur entre l’Espagne et le Maroc alors même que leur façon de traiter les migrants est examinée de près. Les mesures espagnoles visant à sécuriser leurs frontières avec le Maroc, notamment l’utilisation de grillages barbelés autour des enclaves et d’armes anti-émeutes, sont sous les feux de l’actualité après que 15 migrants se sont noyés en essayant de se rendre à Ceuta à la nage début février. Sans compter le rapport de Human Rights Watch de février qui décrit en détails les mauvais traitements infligés aux migrants par le Maroc à la frontière des enclaves.

Human Rights Watch, d’autres organisations non gouvernementales et une institution espagnole indépendante pour les droits humains ont rassemblé des informations sur des expulsions sommaires illégales des enclaves espagnoles vers le Maroc. Les déclarations des migrants indiquent que la Guardia Civil espagnole qui patrouille le long des frontières des enclaves retrouve les forces de sécurité marocaines aux portes des barrières pour leur remettre certains migrants sans aucune procédure régulière. La loi espagnole sur l’immigration interdit de telles expulsions et garantit aux migrants clandestins le droit à un conseiller juridique et à un interprète en cas d’expulsion.

Les autorités espagnoles ont longtemps nié que leurs forces frontalières avaient recours à des expulsions sommaires, mais des déclarations récentes de Madrid suggèrent que l’Espagne veut désormais légaliser cette pratique par le biais d’un accord explicite avec le Maroc dans le cadre de leur accord bilatéral de réadmission. Signé en 1992, mais opérationnel seulement depuis 2012, il prévoit des formalités réduites qui facilitent l’expulsion des ressortissants de pays tiers. Les mesures de protection des droits humains prévues par l’accord étant déjà faibles, les amoindrir reviendrait à faire un pas en arrière, a expliqué Human Rights Watch.

Le ministre de l’Intérieur espagnol, Jorge Fernández Díaz, a indiqué qu’il souhaitait modifier la loi nationale sur l’immigration afin d’autoriser les expulsions sommaires depuis les enclaves. Il est même allé jusqu’à avancer que les migrants ne doivent pas être considérés comme étant sur le territoire espagnol tant qu’ils n’ont pas passé la « ligne policière ».

« L’argument selon lequel une personne ne se trouve pas réellement en Espagne tant qu’elle n’a pas franchi la ligne invisible où se tient un agent de police laisse perplexe », a ajouté Judith Sunderland. « L’Espagne ne peut pas déplacer ses frontières comme ça l’arrange, tout comme elle ne peut outrepasser le droit européen et les normes internationales en matière de droits humains. »

Les lois internationale et européenne interdisent le refoulement, c’est-à-dire l’expulsion forcée vers un lieu où la personne serait exposée à un risque réel de traitement inhumain et dégradant. La charte des droits fondamentaux de l’UE reconnaît un droit d’asile, alors que la directive de l’UE sur les retours prévoit des mesures de protection procédurières minimales vis-à-vis des expulsions de migrants sans papiers et oblige l’Espagne à tenir compte comme il se doit de certaines situations personnelles ainsi que du principe de non-refoulement.

Des masses de migrants essaient régulièrement d’escalader les barrières de 6 mètres de haut séparant Ceuta et Melilla du Maroc. Le 18 mars 2014, quelque 500 migrants – soit le plus grand nombre de ces dernières années – ont réussi à franchir les grilles de Melilla.

D’après les statistiques officielles, plus de 4 300 personnes ont pénétré irrégulièrement les deux enclaves en 2013, contre 2 804 en 2012. En novembre 2013, l’Espagne a réinstallé des barbelés sur les grillages entourant Melilla alors qu’ils avaient été ôtés en 2007 ; ils sont toutefois présents au sommet des barrières de Ceuta depuis 2005. L’Espagne a également prévu d’installer des filets pour empêcher les escalades et a annoncé qu’elle étendrait la digue séparant Ceuta du Maroc.

Après la noyade des migrants ayant essayé de rejoindre Ceuta le 6 février 2014 et les démentis initiaux, le ministre Fernández a confirmé que des agents de la Guardia Civil espagnole avaient tiré des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène dans l’eau. La commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, a déclaré craindre que le tir des balles en caoutchouc ait provoqué la panique parmi les nageurs et contribué à leur mort. Des vidéos semblent montrer les agents espagnols ramenant les survivants de la plage directement vers le territoire marocain.

Une juge d’instruction de Ceuta mène l’enquête criminelle sur la mort des 5 migrants dont les corps ont dérivé jusqu’aux côtes de Ceuta. Les autorités espagnoles soutiennent que les 15 migrants se sont tous noyés dans les eaux territoriales marocaines et les média ont signalé que le juge avait l’intention de clore l’enquête par défaut de compétence territoriale, si ce fait était avéré. Les autorités marocaines n’ont pas encore fourni d’information sur une quelconque enquête similaire à propos des 10 migrants dont les corps ont échoué sur les plages marocaines.

Même si le ministre Fernández a reconnu qu’« il aurait été préférable » que la Guardia Civil n’ait pas utilisé de balles en caoutchouc et a depuis ordonné qu’on cesse d’y avoir recours aux frontières des enclaves, Arsenio Fernández de Mesa, chef de la Guardia Civil, et lui-même ont défendu fermement le comportement des agents frontaliers lors du 6 février et le long des enclaves en général. Le Parti populaire gouvernant l’Espagne s’est servi de sa majorité absolue pour bloquer une motion du parlement visant à débattre de la création d’un comité d’enquête ad hoc sur les événements du 6 février bien que le secrétaire d’État à la sécurité, Francisco Martínez, ait comparu face à une commission parlementaire le 19 mars pour présenter le rapport gouvernemental sur ce qui s’était passé, avec notamment des enregistrements vidéo et audio. Francisco Martínez a insisté sur le fait que les migrants s’étaient noyés car ils avaient sous-estimé la marée montante et ne savaient pas nager, et non à cause des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène. Personne n’a démissionné ou n’a subi de sanctions.

« Il est primordial que le juge mène une enquête approfondie et appliquée au sujet des éventuelles responsabilités criminelles, en remontant complètement la chaîne de commandement », a précisé Judith Sunderland. « L’enquête doit élucider si les actions de la Guardia Civil ont joué un rôle dans la mort des migrants, qu’elles aient eu lieu dans les eaux espagnoles ou marocaines. »

Les forces de sécurité marocaines passent souvent à tabac, ou maltraitent autrement, et volent parfois les migrants subsahariens n’ayant pas réussi à atteindre Ceuta ou Melilla ou remis sous leur garde par la Guardia Civil dans ces enclaves, a expliqué Human Rights Watch. Alors qu’une nouvelle politique de migration et d’asile mise en application en septembre a permis certaines améliorations pour les migrants au Maroc, des recherches de Human Rights Watch en janvier et février 2014 ont démontré que les forces de sécurité marocaines recourent toujours à la violence contre les migrants subsahariens le long des frontières des enclaves espagnoles. L’Espagne devrait mettre un terme à toutes les expulsions forcées de migrants subsahariens vers le Maroc tant que celui-ci ne peut pas garantir un traitement humain, a déclaré Human Rights Watch.

« Les tentatives à grande échelle d’escalade des barrières à Ceuta et Melilla posent de réels problèmes de sécurité, et l’Espagne a le droit de contrôler ses frontières », a conclu Judith Sunderland. « Ces enjeux ne déchargent toutefois pas l’Espagne de son obligation de respect des droits humains, y compris du droit d’asile et de protection des migrants contre tout traitement inhumain. »

Première campagne contre le racisme: « Je ne m’appelle pas Azzi »

La première campagne nationale contre le racisme sera lancée à partir du 21 mars. H24info tend son micro à des migrants subsahariens qui racontent leur difficile quotidien au Maroc.

A partir du 21 mars et à l’occasion de la journée internationale contre le racisme, une campagne nationale contre la normalisation du racisme sera lancée par «Papiers pour tous», un collectif d’une vingtaine d’associations qui militent pour la régularisation des migrants subsahariens.

Pour sensibiliser, alerter et (pourquoi pas) mettre fin aux mauvais traitements trop souvent réservés à cette catégorie de la population, le collectif monte au créneau et lance une campagne nationale qui sera déclinée sur plusieurs supports: affiches, banderoles, t- shirts etc. « Je ne m’appelle pas Azzi », l’accroche de la campagne est sans équivoque.

Au cours de cette journée, une rencontre avec plusieurs personnalités des milieux associatifs et culturels sera organisée, des courts métrages contre le racisme seront projetés et des recommandations seront émises au terme de cette journée.
H24info a pris sa caméra en main direction la médina de Casablanca, où une importante communauté de migrants subsahariens a élu domicile. Trois migrants subsahariens se sont confiés à nous.

Ils nous racontent leur quotidien difficile. A l’image de Rachel, une coiffeuse Ivoirienne: « J’ai été plusieurs fois agressée, traitée de nègre ou d’Azzia. Au début, on nous crachait dessus et on nous jetait des pierres ». L’histoire de Rachel n’est pas isolée. Elle n’est qu’un exemple de ce que des milliers de migrants subissent chaque jour.

Pour voir la vidéo du reportage, cliquez ici:

Reportage h24info: les Subsahariens et le racisme quotidien au Maroc

 

Lampedusa: la face cachée de l’opération Mare Nostrum

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Après le naufrage du 3 octobre 2013 qui a vu 366 migrants mourir au large de Lampedusa, l’une des principales portes d’entrée vers l’Europe, le gouvernement italien a lancé une opération militaire et humanitaire avec l’appui de l’Union européenne. Mais, derrière cet objectif «humanitaire», se cache un intérêt lucratif non négligeable.

La marine italienne a porté secours ces dernières heures à 1.100 migrants au sud de la Sicile, rapporte Reuters ce 6 février. Les embarcations ont été repérées mercredi soir par des hélicoptères de patrouille et quatre bâtiments de la marine ont participé aux opérations, indique la marine dans un communiqué, sans préciser la nationalité des rescapés. C’est le fruit de l’opération Mare Nostrum.

L’opération militaire et humanitaire, lancée par le gouvernement italien, est née après le drame du 3 octobre 2013 qui a coûté la vie à 366 migrants, face à l’indignation internationale. Objectif: éviter de nouveaux naufrages en secourant en mer les fugitifs, avant de les transférer directement dans le sud de l’Italie.

Coût de l’opération: 10 millions d’euros par mois. Des dépenses qui exaspèrent les habitants de l’île, eux-mêmes sujets à de graves difficultés économiques. Une vie chère due à une vie insulaire, pour commencer:

«Tu as vu le prix de l’essence? 2,20 euros le litre!»

Toto, gérant d’hôtels, s’énerve alors qu’il doit faire le plein à la station du vieux port. Un surcoût de carburant qui pénalise aussi les pêcheurs, contraints pour certains de laisser leur bateau au port. Un manque criant d’infrastructures, ensuite. Jessica Mannino, coiffeuse, déplore:

«Ici, on n’a pas d’hôpital. Il faut payer le billet d’avion pour se soigner à la moindre complication.»

C’est sans parler de l’état désastreux des routes, des coupures fréquentes d’électricité, et de l’école primaire, qui tombe littéralement en ruine: fin janvier, des bouts de carrelage des toilettes se sont décrochés et ont blessé à la tête plusieurs écoliers.

Drame de Takadoum à Rabat sur le subsahariens

Être subsaharien dans le quartier de Takadoum à Rabat est devenu le pire des cauchemars. Certains étrangers originaires des pays subsahariens ont récemment subi des agressions d’individus armés. Le Soir échos vous rapporte des témoignages exclusifs et des scènes d’une rare violence. Récit.

Samedi 25 août 2012. Une journée qui restera tristement gravée dans la mémoire d’Alain Perrot, un migrant camerounais. Refoulé depuis la frontière algéro-marocaine après une semaine de tentative de passage, il se résout à rejoindre le quartier Takadoum à Rabat « après voir surmonté des dures épreuves ». Mais il n’était pas encore au bout de ses peines. «J’ai pris le bus pour regagner Rabat samedi 25 août 2012. Je suis arrivé à 4h30 à la gare routière Al Kamra. Comme il ne faisait pas encore jour, je suis resté à la gare jusqu’à 6h puis j’ai pris le taxi pour le quartier de TakadoumChâteau. Après la descente, je rentre dans le quartier Douar Al Haja et prend la rue qui mène chez moi. Juste au niveau d’un cyber, un Marocain m’arrête avec un couteau à la main et me demande mon téléphone portable. Je refuse. Il lance alors la main et me trace avec son couteau au bras droit. J’ai crié au secours et au même moment deux autres Marocains m’ont saisi par derrière. Pendant que l’un tirait mon sac, l’autre m’a enfoncé le couteau dans ma jambe et le premier m’a encore piqué sur le pied gauche», raconte-t-il.

Les Subsahariens du quartier Takadoum de Rabat font aujourd’hui les frais d’une violence inaccoutumée, enrobée dans un racisme latent.
Sous le regard des voisins

Des témoins oculaires ont assisté à la scène. Mais ils ont préféré jouer la carte de la complicité passive. « Je suis tombé sous les yeux des habitants qui sont sortis et ont bien vu la scène, mais ils n’ont pas intervenu. Quand les agresseurs sont partis, un Marocain m’a aidé à me relever avant d’appeler l’ambulance pour me transporter à l’hôpital Souissi », remarque-t-il, avant de poursuivre le scénario. «A l’hôpital, une infirmière me fait savoir qu’on ne peut rien faire si je n’ai pas de passeport. Elle me suggère d’appeler une personne de ma famille malgré que je lui ai dit que les agresseurs ont emporté tout mon sac avec tous les numéros. J’avais très mal. Grâce à un Malien en tenue militaire, l’infirmière est revenue me voir vers 11h et un vigile m’a porté dans une une salle où un médecin s’est mis à me coudre les déchirures sans même faire au préalable des analyses radiologiques. Arrivé sur les lieux à midi, un policier a demandé au médecin de faire les analyses et de reprendre la cousue ». Alain voulait porter plainte, mais il existait un facteur de blocage : son statut de migrant irrégulier. « Le policier m’a dit qu’on ne peut pas faire d’enquête car je n’ai pas de papier. Il m’a suggéré de passer par mon ambassade et me faire ensuite établir un certificat médical avant de pouvoir porter plainte », affirme-t-il.

Racisme violent

Un scénario pareil, plusieurs ressortissants subsahariens résidant à Takadoum peuvent en rédiger un bon nombre. C’est le cas d’Issiaka Coulibaly, un demandeur d’asile malien. « Le jeudi 23 août 2012 je suis sorti de chez moi à 8h pour aller au château place « Tchad » où on devait attendre les employeurs pour aller sur les chantiers. Pendant que je longeais le couloir, quatre Marocains se sont pointés devant moi avec de longs couteaux à la main. J’ai voulu faire demi-tour, l’un d’entre eux m’a frappé avec le couteau sur la tête. Ils m’ont saisi et se sont mis à me frapper et à me piquer. Les agresseurs ont fui avec mon portable et mon argent. Mes amis m’ont transporté jusqu’au château. La police qui était présente sur les lieux a appelé l’ambulance pour m’emmener à l’hôpital Souissi. J’ai reçu les premiers soins grâce à mon document délivré par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR). Mais les médecins n’ont pas procédé à des analyses radiologiques. Ils m’ont juste mis une bande sur la tête avant de me prescrire une ordonnance (…).

Les handicapés aussi !

Autre nationalité, même calvaire. Ibrahim Gban, un migrant ivoirien, nous révèle le synopsis de sa mésaventure : « En plein marché, des agresseurs m’ont attrapé de dos et ont mis la main dans les poches. J’ai crié et ils m’ont frappé sur la nuque. Je suis tombé inconscient. Mon genou a pris un coup et j’avais du mal à marcher (…)».

Même les handicapés ne sont pas épargnés. Le Camerounais Toubou Eric ne nous démentira pas. « Le samedi 18 août 2012 à 16h, je suis sorti faire un tour au marché sur la route Douar Al Haja et Hay Sinaï, où j’habite. Devant tout le monde, dans le marché, un groupe d’agresseurs Marocains m’a appréhendé. Ils sortent leurs couteaux et m’arrachent mes béquilles pour me rendre immobile. Je cherche à saisir quelque chose pour me tenir debout, ils me frappent avec le couteau sur la tête, à la poitrine, me fauchent avant que je ne me retrouve à terre. Ils me prennent mon téléphone et tout mon argent, devant les gens. J’ai crié devant tout le monde et personne n’est intervenue. La police, qui était présente sur les lieux, a appelé l’ambulance pour une évacuation à l’hôpital Souissi. J’ai reçu les soins lundi grâce à l’intervention d’un stagiaire malien. Il me faut des béquilles et on doit me faire des radios pour me rassurer », témoigne-t-il. Toutefois, il convient de signaler que ces quatre personnes agressées ont pu être soignées, selon un membre du Conseil des migrants joint au téléphone. Interpellé sur les réticences de certaines blouses blanches à prendre en charge des Subsahariens victimes d’agressions, il les qualifie de « cas isolés », et nous indique que l’association mène des campagnes de sensibilisation au niveau du personnel de la santé dans ce sens.

Protestations

Pour rappel, en mai2012, Amadou un ressortissant malien a été tué devant une épicerie du quartier Takadoum. Pour dénoncer les violences exercées sur des ressortissants, des ressortissants subsahariens avaient organisé un sit-in de protestation jeudi 23 août devant les ambassades du Cameroun, de la Cote d’Ivoire, de la Mauritanie, du Mali et du Sénégal pour subsahariens. L’ODT-Syndicat des Travailleurs immigrés subsahariens au Maroc avait sorti une déclaration où il interpelle quatre principales composantes pour améliorer la situation des immigrés subsahariens. La justice, «l’ODT-Travailleurs Immigrés interpelle une fois de plus, les autorités juridiques et policières marocaines à redoubler d’attention, de vigilance et de moyen dans la lutte contre les violences des droits et atteintes à l’intégrité physique et morale dont sont particulièrement victimes les personnes immigrées, surtout celles d’origine subsaharienne». Les défenseurs de droits de l’homme, «l’ODT – Travailleurs Immigrés exhorte toutes les associations de défense des droits de l’homme engagées dans la migration à soutenir de près ou de loin les actions de tous les immigrés particulièrement celles de l’ODT – T.I.M dans le but de la régularisation des immigrés sans papier ».

Un groupe d’immigrés subsahariens a organisé une série de sit-in devant plusieurs chancelleries africaines à Rabat.
Les bonnes volontés, «le syndicat invite toutes les personnes sensibles aux souffrances et aux difficultés de tous les immigrés du monde en général et ceux du Maroc en particulier, avec ou sans papiers, victimes ou non de la violation, à la rejoindre dans toutes ses actions dans la lutte pour le respect des droits des personnes migrantes, car c’est dans l’unité et la solidarité dans l’action syndicale que nous serons mieux armés et plus forts dans la lutte pour le respect de nos droits physiques, moraux, socio-culturels et professionnels». Et enfin, les principaux concernés, « cependant, l’ODTTravailleurs Immigrés tient à interpeller ces frères et sœurs sur la nécessité de revendiquer dans un cadre ordonné et dans le respect de la loi en vigueur du pays d’accueil (en l’occurrence le Maroc), ceci pour une meilleure prise en compte et une respectabilité accrue de nos préoccupations et doléances par les autorités marocaines».

En outre le syndicat prévoit d’organiser au mois de septembre une journée de réflexion sur le thème «Pour une politique de régularisation des sans-papiers dans le contexte de la réforme constitutionnelle du Maroc ». À en croire Marcel Amiyeto, cette rencontre va constituer des moments de «réflexion et de propositions sur la régularisation des travailleurs immigrés sans-papiers».

Pour rappel, le syndicat a été porté sur les fonts baptismaux à l’issue d’un congrès organisé le 1er juillet 2012. Elle se veut le porte-voix des revendications des ressortissants subsahariens résidant au Maroc.

TROIS QUESTIONS

Marcel Amiyeto : Conseiller au Conseil des Migrants.

Quelles sont vos réactions par rapport à ce lot d’agressions dans le quartier de Takadoum ?

C’est un sentiment de regret, de révolte et d’inquiétude qui m’animent au vue de ces agressions subies sur des ressortissants Subsahariens à Takadoum.

Hormis ces violences, certains migrants font état de violences policières à leur encontre. Est-ce le cas ?

Effectivement, on a noté des violations de droit opérées par certains policiers qui n’hésitent pas à entrer dans des domiciles de ressortissants Subsahariens sans mandat d’arrêt et sans autorisation du procureur. Souvent même, durant leurs patrouilles, ils interpellent des migrants réguliers avant de les libérer une fois arrivés au poste de police, après un contrôle de pièces d’identité. Aussi, quand les victimes des agressions se présentent à la police pour dénoncer leurs bourreaux, on leur demande leurs papiers avant de se pencher sur leur cas. Ce qui risque d’encourager les agressions. Nous ne demandons pas aux forces de l’ordre d’arrêter de procéder à des vérifications de documents sur les ressortissants Subsahariens, mais nous les invitons à faire leur travail en conformité avec la loi.

Selon vous, quelles sont les solutions idoines pour stopper ces violences ?

Il faut sur le court terme sensibiliser la société civile notamment les partis politiques et les organisations non gouvernementales sur la question. Actuellement, nous sommes en train de réfléchir à un programme de sensibilisation au niveau des quartiers comme l’organisation de rencontres culturelles pour promouvoir les échanges entre les Marocains et les Subsahariens. L’État doit aussi prendre des mesures pour renforcer la sécurité des étrangers établis dans le Royaume.

Poursuites judiciaires

L’ODT-Syndicat des Travailleurs Immigrés subsahariens au Maroc ne compte pas rester les mains croisées face à cette série d’agressions. Le syndicat envisage de déposer, dans la semaine, une plainte auprès du procureur général du roi. Le syndicat envisage de désigner des avocats pour enclencher la procédure judiciaire. Marcel Amiyeto qui est par ailleurs secrétaire général du syndicat nous a indiqué que deux parmi les victimes ont pu identifier leurs bourreaux

http://www.lesoir-echos.com/un-drame-sur-fond-de-racisme/societe/56882/Marcel AMIYETO

Drame de Takadoum à Rabat sur le subsahariens

Être subsaharien dans le quartier de Takadoum à Rabat est devenu le pire des cauchemars. Certains étrangers originaires des pays subsahariens ont récemment subi des agressions d’individus armés. Le Soir échos vous rapporte des témoignages exclusifs et des scènes d’une rare violence. Récit.

Samedi 25 août 2012. Une journée qui restera tristement gravée dans la mémoire d’Alain Perrot, un migrant camerounais. Refoulé depuis la frontière algéro-marocaine après une semaine de tentative de passage, il se résout à rejoindre le quartier Takadoum à Rabat « après voir surmonté des dures épreuves ». Mais il n’était pas encore au bout de ses peines. «J’ai pris le bus pour regagner Rabat samedi 25 août 2012. Je suis arrivé à 4h30 à la gare routière Al Kamra. Comme il ne faisait pas encore jour, je suis resté à la gare jusqu’à 6h puis j’ai pris le taxi pour le quartier de TakadoumChâteau. Après la descente, je rentre dans le quartier Douar Al Haja et prend la rue qui mène chez moi. Juste au niveau d’un cyber, un Marocain m’arrête avec un couteau à la main et me demande mon téléphone portable. Je refuse. Il lance alors la main et me trace avec son couteau au bras droit. J’ai crié au secours et au même moment deux autres Marocains m’ont saisi par derrière. Pendant que l’un tirait mon sac, l’autre m’a enfoncé le couteau dans ma jambe et le premier m’a encore piqué sur le pied gauche», raconte-t-il.

Les Subsahariens à RabatLes Subsahariens du quartier Takadoum de Rabat font aujourd’hui les frais d’une violence inaccoutumée, enrobée dans un racisme latent.

Sous le regard des voisins

Des témoins oculaires ont assisté à la scène. Mais ils ont préféré jouer la carte de la complicité passive. « Je suis tombé sous les yeux  des habitants qui sont sortis et ont bien vu la  scène, mais ils n’ont pas intervenu. Quand  les agresseurs sont partis, un Marocain m’a  aidé  à  me  relever  avant  d’appeler  l’ambulance pour me transporter à l’hôpital Souissi  », remarque-t-il, avant de poursuivre le scénario. «A l’hôpital, une infirmière me fait savoir qu’on ne peut rien faire si je n’ai pas de passeport. Elle me suggère d’appeler  une personne de ma famille malgré  que  je  lui  ai  dit  que  les  agresseurs  ont emporté tout mon sac avec tous  les numéros. J’avais très mal. Grâce  à un Malien en tenue militaire, l’infirmière est revenue me voir vers 11h  et un vigile m’a porté dans une une  salle  où  un  médecin  s’est  mis  à  me  coudre  les  déchirures  sans  même  faire  au  préalable  des  analyses  radiologiques. Arrivé sur les lieux à midi,  un  policier  a  demandé  au  médecin  de faire les analyses et de reprendre la cousue ». Alain voulait porter plainte, mais il existait un facteur de blocage : son statut de migrant irrégulier. « Le policier m’a dit  qu’on ne peut pas faire d’enquête car je n’ai  pas de papier. Il m’a suggéré de passer par  mon ambassade et me faire ensuite établir  un certificat médical avant de pouvoir porter plainte », affirme-t-il.

Racisme violent

Un scénario pareil, plusieurs ressortissants subsahariens résidant à Takadoum peuvent en rédiger un bon nombre. C’est le cas d’Issiaka Coulibaly, un demandeur d’asile malien. « Le jeudi 23 août 2012 je suis sorti de chez moi à 8h pour aller au château place « Tchad » où on devait attendre les employeurs pour aller sur les chantiers. Pendant que je longeais le couloir, quatre Marocains se sont pointés devant moi avec de longs couteaux à la main. J’ai voulu faire demi-tour, l’un d’entre eux m’a frappé avec le couteau sur la tête. Ils m’ont saisi et se sont mis à me frapper et à me piquer. Les agresseurs ont fui avec mon portable et mon argent. Mes amis m’ont transporté jusqu’au château. La police qui était présente sur les lieux a appelé l’ambulance pour m’emmener à l’hôpital Souissi. J’ai reçu les premiers soins grâce à mon document délivré par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR). Mais les médecins n’ont pas procédé à des analyses radiologiques. Ils m’ont juste mis une bande sur la tête avant de me prescrire une ordonnance (…).

Les handicapés aussi !

Autre nationalité, même calvaire. Ibrahim Gban, un migrant ivoirien, nous révèle le synopsis de sa mésaventure : « En plein marché, des agresseurs m’ont attrapé de dos et  ont mis la main dans les poches. J’ai crié et  ils m’ont frappé sur la nuque. Je suis tombé  inconscient.  Mon  genou  a  pris  un  coup  et  j’avais du mal à marcher (…)».

Même les handicapés ne sont pas épargnés. Le Camerounais Toubou Eric ne nous démentira pas. «  Le  samedi  18  août  2012  à 16h, je suis sorti faire un tour au marché sur la route Douar Al Haja et Hay Sinaï, où j’habite. Devant tout le monde, dans le marché, un groupe d’agresseurs Marocains m’a appréhendé. Ils sortent leurs couteaux et m’arrachent mes béquilles pour me rendre immobile. Je cherche à saisir quelque chose pour me tenir debout, ils me frappent avec le couteau sur la tête, à la poitrine, me fauchent avant que je ne me retrouve à terre. Ils me prennent mon téléphone et tout mon argent, devant les gens. J’ai crié devant tout le monde et personne n’est intervenue. La police, qui était présente sur les lieux, a appelé l’ambulance pour une évacuation à l’hôpital Souissi. J’ai reçu les soins lundi grâce à l’intervention d’un stagiaire malien. Il me faut des béquilles et on doit me faire des radios pour me rassurer », témoigne-t-il. Toutefois, il convient de signaler que ces quatre personnes agressées ont pu être soignées, selon un membre du Conseil des migrants joint au téléphone. Interpellé sur les réticences de certaines blouses blanches à prendre en charge des Subsahariens victimes d’agressions, il les qualifie de « cas isolés », et nous indique que l’association mène des campagnes de sensibilisation au niveau du personnel de la santé dans ce sens.

Protestations

Pour rappel, en mai2012, Amadou un ressortissant malien a été tué devant une épicerie du quartier Takadoum. Pour dénoncer les violences exercées sur des ressortissants, des ressortissants subsahariens avaient organisé un sit-in de protestation jeudi 23 août devant les ambassades du Cameroun, de la Cote d’Ivoire, de la Mauritanie, du Mali et du Sénégal pour subsahariens. L’ODT-Syndicat des Travailleurs immigrés subsahariens au Maroc avait sorti une déclaration où il interpelle quatre principales composantes pour améliorer la situation des immigrés subsahariens. La justice, «l’ODT-Travailleurs Immigrés interpelle une fois de plus, les autorités juridiques et policières marocaines à redoubler d’attention, de vigilance et de moyen dans la lutte contre les violences des droits et atteintes à l’intégrité physique et morale dont sont particulièrement victimes les personnes immigrées, surtout celles d’origine subsaharienne». Les défenseurs de droits de l’homme, «l’ODT – Travailleurs Immigrés exhorte toutes les associations de défense des droits de l’homme engagées dans la migration à soutenir de près ou de loin les actions de tous les immigrés particulièrement celles de l’ODT – T.I.M dans le but de la régularisation des immigrés sans papier ».

Sit-in des SubsahariensUn groupe d’immigrés subsahariens a organisé une série de sit-in devant plusieurs chancelleries africaines à Rabat.

Les bonnes volontés, «le syndicat invite toutes les personnes sensibles aux souffrances et aux difficultés de tous les immigrés du monde en général et ceux du Maroc en particulier, avec ou sans papiers, victimes ou non de la violation, à la rejoindre dans toutes ses actions dans la lutte pour le respect des droits des personnes migrantes, car c’est dans l’unité et la solidarité dans l’action syndicale que nous serons mieux armés et plus forts dans la lutte pour le respect de nos droits physiques, moraux, socio-culturels et professionnels». Et enfin, les principaux concernés, « cependant, l’ODTTravailleurs Immigrés tient à interpeller ces frères et sœurs sur la nécessité de revendiquer dans un cadre ordonné et dans le respect de la loi en vigueur du pays d’accueil (en l’occurrence le Maroc), ceci pour une meilleure prise en compte et une respectabilité accrue de nos préoccupations et doléances par les autorités marocaines».

En outre le syndicat prévoit d’organiser au mois de septembre une journée de réflexion sur le thème «Pour une politique de régularisation des sans-papiers dans le contexte de la réforme constitutionnelle du Maroc ». À en croire Marcel Amiyeto, cette rencontre va constituer des moments de «réflexion et de propositions sur la régularisation des travailleurs immigrés sans-papiers».

Pour rappel, le syndicat a été porté sur les fonts baptismaux à l’issue d’un congrès organisé le 1er juillet 2012. Elle se veut le porte-voix des revendications des ressortissants subsahariens résidant au Maroc.

TROIS QUESTIONS

Marcel Amiyeto : Conseiller au Conseil des Migrants.

Quelles sont vos réactions par rapport à ce lot d’agressions dans le quartier de Takadoum ?

C’est un sentiment de regret, de révolte et d’inquiétude qui m’animent au vue de ces agressions subies sur des ressortissants Subsahariens à Takadoum.

Hormis ces violences, certains migrants font état de violences policières à leur encontre. Est-ce le cas ?

Effectivement, on a noté des violations de droit opérées par certains policiers qui n’hésitent pas à entrer dans des domiciles de ressortissants Subsahariens sans mandat d’arrêt et sans autorisation du procureur. Souvent même, durant leurs patrouilles, ils interpellent des migrants réguliers avant de les libérer une fois arrivés au poste de police, après un contrôle de pièces d’identité. Aussi, quand les victimes des agressions se présentent à la police pour dénoncer leurs bourreaux, on leur demande leurs papiers avant de se pencher sur leur cas. Ce qui risque d’encourager les agressions. Nous ne demandons pas aux forces de l’ordre d’arrêter de procéder à des vérifications de documents sur les ressortissants Subsahariens, mais nous les invitons à faire leur travail en conformité avec la loi.

Selon vous, quelles sont les solutions idoines pour stopper ces violences ?

Il faut sur le court terme sensibiliser la société civile notamment les partis politiques et les organisations non gouvernementales sur la question. Actuellement, nous sommes en train de réfléchir à un programme de sensibilisation au niveau des quartiers comme l’organisation de rencontres culturelles pour promouvoir les échanges entre les Marocains et les Subsahariens. L’État doit aussi prendre des mesures pour renforcer la sécurité des étrangers établis dans le Royaume.

Poursuites judiciaires

L’ODT-Syndicat des Travailleurs Immigrés subsahariens au Maroc ne compte pas rester les mains croisées face à cette série d’agressions. Le syndicat envisage de déposer, dans la semaine, une plainte auprès du procureur général du roi. Le syndicat envisage de désigner des avocats pour enclencher la procédure judiciaire. Marcel Amiyeto qui est par ailleurs secrétaire général du syndicat nous a indiqué que deux parmi les victimes ont pu identifier leurs bourreaux

Quelque trois cents clandestins tentent ensemble de forcer la frontière à Melilla

La délégation du Gouvernement espagnol à Melilla déclare que vers 21h00 du 18 aout un groupe de 300  migrants aurait essayé de franchir la frontière et que 60 auraient pu rentrer « grâce à l’effort conjointe de la police espagnole et marocaine »: cela vaudrait dire que 240 migrants auraient été refoulés illégalement, sans que leur situation ne soit pas etudé cas par cas.
Vers 05h00 du même 18 aout autres 150 migrants auraient essayé le saut et la police aurait bloqué tout entrée.
Cela vaudrait dire que en tout 390 migrants auraient été refoulés illégalement à la frontière.
Pour ce qui concerne ces chiffres il est possible, comme dans le passée, que soient beaucoup plus les migrants qui ont réussi à entrer à Melilla, mais que ils ont été refoulés illégalement bien que ils étaient déjà sur le sol espagnol, en les faisant passer par les postes de frontières.
La Delegation du Gouvernement informe que aucun migrant a du être hospitalisé, mais des habitants déclarent avoir vu des migrants arrivés en sang après le saut de la frontière. Il est aussi difficile d’imaginer que ils ne se soient pas blessés après avoir sautés une barrière de 6 mètres à mains nues.
En ce moment l’enclave est completement bloquée, la guardia civile a fermé tout poste de frontière est en train de pratiquer une réelle chasse au migrants pour les expulser illégalement au Maroc. Il y aurait eu des affrontements entre les migrants du CETI, qui accueillaient les « nouveaux venu » au cris de « bienvenue », et les voisins.
Des journaux de Melilla justifient cet « assaut » par le fait que Maroc ne contrôlait pas les postes de frontière la nuit du Ramadan. De fait il ne s’agit pas du prémier passage en sautant la frontière, depuis mai 2012, ceux-ci se sont intensifiés (autour de 350 avant le 19 aout …. avec toujours la difficulté d’avoir des chiffres officielles) à cause de la multiplication des controls et rafles effectuées du coté marocain, tant dans les villes du pays que dans les bosques autour.
Dans le CETI se trouvent actuellement 740 migrants, bien que il ait une capacité de 350 personnes. (selon un autre source seraient 660 les migrants dans le CETI)
Le Gouvernement centrale a envoyé 18 policiers des forces spéciales jusqu’au 15 septembre pour renforcer le système de contrôle de la frontière: http://www.elfarodigital.es/melilla/sociedad/104670-melilla-refuerza-la-seguridad-de-la-ope-y-la-frontera-con-18-agentes-especializados.html
Sara Prestianni

Creación de una sección sindical para personas migrantes sin papeles en Marruecos

ACSUR-Las Segovias, en el marco del convenio de Derechos Humanos financiado por la AECID, apoyó la creación histórica en Marruecos y en el Magreb de una nueva sección sindical de inmigrantes sin papeles en el sindicato ODT (Organisation Démocratique du Travail) el pasado 29 de junio. La ODT, fundada en 2006 y actualmente presente en muchos de los grandes movimientos reivindicativos del país (Movimiento 20 de febrero, diplomados en paro, etc.), inauguró este primer congreso constitutivo del colectivo sindical de trabajadores inmigrantes en Marruecos bajo el lema: “Nosotros también tenemos derechos”.
En esta sección sindical estarán representadas las trabajadoras y los trabajadores del África subsahariana, de todas las nacionalidades de países árabes y asiáticos. Esta iniciativa pretende romper el silencio sobre las condiciones infrahumanas y de explotación que sufren los trabajadores migrantes subsaharianos y de otras nacionalidades. Este colectivo acogerá a personas migrantes tanto sin papeles como con papeles. Todas y todos los migrantes expresaron su voluntad de salir de la clandestinidad y de las redes de esclavitud moderna en las obras, talleres, oficinas, fábricas, en el campo etc También expresaron su confianza en los actores de la sociedad civil y en particular a las asociaciones de derechos humanos, asociaciones des marroquíes en el mundo y a los sindicatos por acompañarles en todos los avances legítimos hacia una vida mas digna en Marruecos. Se reiteró la idea de poner el nombre a una plaza en Rabat de Ngoma NVUMBI, subsahariano accidentado en una obra donde se le negó el ir a urgencias, abandonado por su jefe en la habitación de una casa compartida donde murió sólo y desangrado.
Marcel Amiyeto, de origen congoleño y miembro del colectivo y del consejo de comunidades subsaharianas, inició la idea de la creación de un sindicato para las personas inmigrantes. Marcel se reunió con todos los sindicatos establecidos en Marruecos y encontró apoyo en la ODT que cambió sus estatutos para poder integrar una organización sindical de inmigrantes basándose en el Dahir n° 1-93-317 ( 2 de agosto 2011 ) que trata la Convención internacional sobre la protección de los derechos de todas las personas trabajadoras migrantes y de los miembros de sus familias, adoptado por la Asamblea General de las Naciones Unidas el 18 de diciembre de 1990 y ratificado por Marruecos en 2003. A pesar de ello, las personas migrantes están altamente explotadas, trabajan más de 10 horas cobran salarios irrisorios (de 1 ó 2 euros al día) y cuando son víctimas de accidentes, son abandonados por sus jefes.
Mas allá de romper el silencio, lo que se pretende es acordar un reconocimiento legal a las personas trabajadoras extranjeras subsaharianas y de otras nacionalidades así como su protección.
Tras el congreso, al que asistieron más de 200 personas de las cuales 160 eran migrantes, se eligió a Marcel Amiyato como secretario general de la nueva comisión. Las principales reivindicaciones son:
- una moratoria en las expulsiones colectivas e individuales y en el control policial indiscriminado.
- la puesta en marcha de una campaña de sensibilización hacia una regularización administrativa de los y las emigrantes priorizando en el inmediato las necesidades en materia de derechos fundamentales: acceso a la salud, la escolaridad y a la dignidad social.
 Marcel  AMIYETO

Arrestation de 100 migrants africains

L’Organisation Démocratique du Travail / Maroc condamne vivement l’arrestation de près de 100 migrants africains à Rabat, dans la soirée dumercredi 6 juin  2012, et  exige leur  libération immédiate et sans conditions et de garantir  leurs droits légitimes.

Et déplore encore une fois cette attitude gouvernementale  contraire aux droits de l’homme et la Convention internationale sur la protection des droits des migrants et de leurs familles, ratifiée par le Maroc

L’Organisation démocratique du travail vient d’être informée  avec une grande stupéfaction et préoccupation ;par l’un des membres de l’Alliance des migrants  au Maroc , l’arrestation  de près de 100 migrants africains et y compris les membres de l’Alliance  qui sont enregistrés auprès du Haut Commissariat pour les réfugiés HCR
ces  arrestations ont eu lieu dans la capitale du Maroc et viennent au moment même  ou les travailleurs et travailleuses migrants se préparent pour l’organisation d’un congrès nationale d’affiliation

    .

L’Organisation démocratique du travail  condamne avec fermeté  ce traitement contraire aux droits de l’homme et la Convention internationale sur la protection des droits des migrants et leurs familles, ratifiée par  le Maroc , renouvèle et réitère  sa demande au gouvernement marocain pour :
– La libération de tous les prisonniers de migrants africains  sujet  de cette compagne d’arrestation et sans conditions

– La réalisation des principes et des exigences des conventions internationales et humanitaires tel que stipulé dans la Constitution marocaine afin de protéger les droits des migrants

– La mise en œuvre de la Déclaration Conférence interparlementaire de l’Afrique, tenue à Rabat en 2008 qui appelle à la sécurisation des droits énoncés dans les instruments internationaux, en particulier la Convention internationale sur la protection de tous les travailleurs migrants et leurs familles, et chaque personne qui est sur la terre du Maroc, et sans aucune forme de discrimination, et d’éloigner ce dossier  de toute approche sécuritaire.

 Les restrictions à l’immigration légale, qui a produit, en particulier, les résultats de la tente immédiatement fait les migrants plus vulnérables à l’exclusion, la violence, l’agression et de marginalisation.
– Respecter les décisions et recommandations de l’Organisation internationale pour les migrations, l’Organisation internationale du Travail, et le Haut Commissaire pour les Droits de l’Homme de l’Organisation des Nations Unies, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui stipule que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et que chacun a des droits et libertés énoncés par cet outil, à se conformer aux instruments internationaux relatifs à la protection des réfugiés, « la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et la Convention de 1961 de l’Organisation de l’unité africaine, et la protection de l’expulsé (la Convention de 1954 sur l’état de l’expulsion, et la Convention de 1961 sur la réduction des cas de expulsé), et la protection des travailleurs migrants (la Convention de 1990 pour la protection de tous les travailleurs et les membres de leurs familles), et la protection des victimes du commerce illégal des migrants (Protocoles contre le trafic d’immigrants clandestins en 2000 Protocoles à la Convention contre la criminalité transnationale organisée de la frontière).