La moda española en Tánger

La promesse du «développement» à travers de la mise en œuvre d’une industrie textile orientée vers l’exportation est une promesse non tenue au Maroc. Le secteur de l’industrie textile a atteint une grande importance pour l’économie du pays et a créé des milliers d’emplois. Mais ces emplois n’aident pas les ouvriérs à sortir de la pauvreté. Pendant ces dernières années, les conditions de vie et de travail des ouvriers n’ont pas été améliorées et il n’y a aucune indication que l’établissement de l’industrie légère pourrait être la première étape dans un processus d’industrialisation vers une activité qui permet la croissance des revenus, et non plus la capacité des gens à décider de leur propre vie. Il n’existe aucune perspective d’amélioration dans le secteur lui-même et pas de création de nouveaux emplois dans d’autres secteurs, les ouvrières du textil sont incapables d’utiliser leurs travaux précaires comme un tremplin pour entrer dans d’autres professions ou ce que d’autres marchés du travail dénomment de carrière professionnel. Leur travail dans les usines est nécessaire pour compléter les revenus de leurs familles                           . Au même temps, le type de travail dans lequel elles sont piégées sévèrement limite leur capacité de construire des réseaux sociaux pour améliorer leur situation et sape leurs vies personnelles et familiales. Les réformes économiques et politiques sociales qui ont été réalisées au Maroc depuis le début des années 80 ont conduit à des milliers de personnes et familles à quitter la terre comme moyen de leur subsistance et à chercher des revenus dans les nouvelles industries pour survivre. La modernisation de l’agriculture a conduit à une augmentation des exportations de produits alimentaires, a concentré les profits et a réduit le nombre de foyers vivant de l’agriculture et de l’elevage non intensive. Ces réformes ont facilité la création d’une industrie légère, en majorité de la confection, qui a employé une partie de la population migrante. D’un point de vue strictement économique, un nombre difficile à quantifier de ces nouvelles ouvrières reste soumises dans la pauvreté malgré leurs longues heures de travail. La rareté de sources officielles et le manque de coopération des entreprises et du personnel de l’administration publique rend très difficile de savoir combien de travailleuses sont employés dans le secteur informel, les petits atteliers et leurs maisons. Cependant, leurs conditions de travail et l’existence évidente de ces ateliers que n’importe quel passant peut voir sur la péripherie des zones industrielles de sont suffisants pour que la question constitue un sujet de préoccupation. Par ailleurs, c’est possible de documenter le fait que ces ateliers travaillent pour des entreprises internationales, même quand ils ne le font pas directement. Dans ce diagnostique, nous avons également adopté une perspective qui transcende l’aspect purement économique, et repose sur les constatations des syndicats et le mouvement associatif qui les ouvriéres vivent dans des conditions de pauvreté et une forte vulnérabilité sociale et insécurité, nous avons exploré les causes de l’appauvrissement et de la limitation personnelle. De ce point de vue, l’organisation patriarcale de la société marocaine est un facteur d’appauvrissement mais pas beaucoup plus important par rapport aux femmes en Europe. Il y a une subordination de la femme dans la famille et le personnel qui surcharge les ouvrières avec une journnée de travail double de plus de 10 heures de travail en usine, en plus de 6 heures de travail pour prendre soin de leurs familles, mais en l’absence d’un étude quantitative et une comparaison systématique avec les résultats des enquêtes de l’utilisation du temps, le dévouement au devoir des taches domestiques ne diffère pas beaucoup de celle assumée par les ouvrières européenes. Basé sur des données Eurostat (2006), les femmes espagnoles âgés de 20 à 70 ans engagés dans le travail domestique en moyenne 4 heures 55 minutes. L’extension des heures de travail et de leur irrégularité est un facteur de surexploitation, avec un impact personnel et social grave. Les difficultés pour développer une vie privée satisfactoire, est aggravée par la détérioration des réseaux sociaux et la possibilité de créer une action collective pour défendre leurs droits au niveau du travail. Cela limite les possibilités des femmes (même les plus engagés politiquement) à s’engager dans des activités syndicales. De façon emergente, la capacité organisationnelle des travailleurs est organisée avec des moyens innovateurs qui rompent avec la logique traditionnelle de considérer les syndicats comme les seuls acteurs sociaux légitimes à défendre les droits des travailleurs. Prenant comme base les quartiers et pas les lieux de travail, les ouvrières parviennent à approcher leurs vies associatives à leur vie quotidienne et de trouver un espace pour partager leurs préoccupations et des formations pour un activisme syndical. Des associations telles que Attawassol deveniennent un espace de création d’une activité politique que, dans certains cas, est compatible avec leurs participation ultérieure dans les structures des syndicats traditionnels. Bien que ces mouvements sont émergents et en interaction avec les syndicats traditionnels, le contexte politique et d’entreprise est extrêmement hostile et la capacité de négociation des ouvrières est très faible. Une stratégie de harcèlement et de persécution des travailleurs les plus actifs est aggravée par le spectre de la délocalisation et fermetures d’usines, de plus en plus présents lors des discusions entre les ouvrières et l’attitude permissive du gouvernement pour les violations des droits du travail. Les politiques d’intégration du Maroc dans les marchés internationaux menée par le monarque actuel et les multinationales ont eu de certains gagnants . L’augmentation des exportations a entraîné une entrées de devises qui ont bénéficié les grands investisseurs nationaux. Mais la cascade présumée des avantages qui devraient beneficier les classes inférieures, ne semble pas fonctionner correctement. Du point de vue des ouvrières du textil, obtenir un emploi n’a pas fonctionné pour sortir de la pauvreté ni à court terme, ni à long terme, et les promesses de «développement» des années 80 sont restés trop loin. Le contexte international et socio-politique du pays, n’exempts pas de responsabilité aux entreprises internationales qui ont une partie de leur chaîne d’approvisionnement. La délocalisation de la confection et d’autres industries légères, a contribué à maintenir et élargir le taux de profit des grandes entreprises européennes. Malgré qu’ils n’ont une responsabilité juridique sur les conditions imposées par leurs fournisseurs aux travailleurs, leur grand pouvoir de négociation, lié à son immense pouvoir d’achat leur donne la capacité de générer des situations de travail abusives ainsi que les moyens de les éviter. Les sociétés transnationales ont assumé à travers leurs codes de conduite et leurs engagements, la responsabilité sociale et morale dans les cas d’exploitation du travail dans la fabrication de ses vêtements. La première étape que les grandes marques devraient suivre afin d’être vraiment responsables de l’impact social de l’activité économique est de prendre des pratiques avec un maximum de transparence . Publier la liste des fournisseurs et de les partager avec des acteurs sociaux comme les ONG, les syndicats et les groupes locaux de travailleurs, permet de contraster les denuntiations formulées et initier le processus de remediations . En ce sens, il est à noter entre les entreprises espagnoles d’une importance internationale, seulement Mango partage sa liste de fournisseurs (en facilitant les contacts et adresses) avec la campagne Vetements Propres et les principaux syndicats, mais pas encore rendues publiques pour tous les consommateurs et les consommatrices. Pour le moment, il est habituel que ces marques refusent de fournir ces informations.   Malheureusement, le Maroc est juste un exemple. La réalité quotidienne des ouvrières du textil est extrêmement difficile pour tout le monde et le même cas dans d’autres secteurs où il faut beaucoup de main-d’œuvre non qualifiée. Le chemin pour obtenir le respet les droits de travail des ouvriéres est très long et sa viabilité dépend du fait que les ouvrières arrivent à s’organiser pour exiger le respect et étendre la réglementation existante. Afin de s’assurer que les travailleuses organisées ne soient pas réprimées, licenciées, menacées ou agressées, il faut créer des réseaux pour la solidarité internationale afin de permettre la circulation de l’information et de la pression des entreprises responsables et des marques internationales pour lesquelles elles travaillent.

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