Communique de ADESCAM: arrestations et déportations des migrants subsahariens

COMMUNIQUE/02/ADESCAM/012

Depuis le 23 décembre, Alors que le monde entier se préparait à vivre des fêtes de noël et
de nouvel an, les personnes migrantes subsahariennes au Maroc étaient une fois de plus
victime d’une chasse à l’homme sans précédent. Ces subsahariens qui, ayant déjà fui des
guerres (Côte d’ivoire, Congo, Libye…), des conditions climatiques difficiles (Niger,
Mali…), et des conditions économiques désastreuses partout en Afrique subsaharienne,
ont également assez souffert pendant la traversée du désert, et cherchent aujourd’hui un
temps de répit au Maroc. Aujourd’hui, elles y sont encore traquées telles des bêtes
sauvages, sans respect de leurs droits et de leurs dignités.
La police marocaine cette fois ci, en civile et aussi en tenue a multiplié des arrestations
des noirs sub-sahariens dans tout le royaume chérifien avec pour conséquence la mort
par épuisement de deux femmes ; l’une du Congo Brazzaville enceinte de six mois
l’autre originaire de la république démocratique du Congo noyé avec ses deux filles.
Tout a commencé dans des quartiers périphériques des grandes métropoles où habitent
les migrants : la police est passée à l’action en faisant du porte à porte et en contrôlant
les maisons où logent ces personnes. Comme d’habitude, des centaines de personnes,
femmes, enfants, femmes enceintes, demandeur d’asiles et quelques réfugiés arrêtées
n’ont pas été présentées devant le juge d’instruction et ont été conduit directement vers
la frontière algériennes où elles sont toujours victimes du jeu de ping-pong entre les
deux pays. Le Maroc les renvoyant en Algérie et l’Algérie les repoussant au Maroc…
Ces mêmes arrestations se sont multipliées dans toute la partie orientale du pays où
certains migrants ne pouvant pas se trouver un logement en ville ont élu domicile dans
les forêts proches des enclaves espagnoles Ceuta et Melilla.
A l’heure où les pays arabes font la révolution et s’engage sur la voix de la justice et de
de démocratie, l’Association pour la Sensibilisation et le Développement des
Camerounais Migrants au Maghreb – Maroc (ADESCAM) s’indigne du traitement qui
est encore fait au migrants subsahariens au Maroc. Ce pays, premier à avoir ratifié la
convention sur la protection des travailleurs migrants et de leur famille, devrait sans
doute s’engager ouvertement sur la voie d’une reconnaissance du droit de circuler et de
s’installer partout et pour tous. L’Association pour la Sensibilisation et le
Développement des Camerounais Migrants au Maghreb – Maroc interpelle le CNDH
nouvellement crée par sa majesté, le CCME, et aussi toutes les associations marocaines
et magrébine de l’étranger sans oublier les partis politiques à prendre position face à
ces situations dramatiques et à oeuvrer pour la mise en place d’une politique migratoire
juste et humaine. Il condamne avec véhémence ce traitement injuste dont sont victimes
les migrants subsahariens au Maroc. Il demande l’arrêt immédiat de ces arrestations
arbitraires. Il demande à tous les organismes et associations d’appui aux causes de la
Migration de s’unir pour stopper cette machine à refoulements conduite par le Maroc et
dictée par l’Union Européen. L’ADESCAM réitère son engagement aux côtés de ces
personnes laissées pour compte et demande aux autorités marocaines de développer une
politique migratoire humaine, digne et juste.
Pour l’ADESCAM :
Fabien Didier YENE
Consultant
Auteur du livre ‘’Migrant au pied du mur ‘’
adescam007@yahoo.fr Paris le 06/01/2012

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