Communiqué de ABCDS: Les migrants au Maroc sont pourchassés et stigmatisés

COMMUNIQUÉ de ABCDS
La vie dure des migrants au Maroc : pourchassés par les forces de l’ordre et stigmatisés par « Al Massae ».
Les rafles et les refoulements de migrants sont monnaie courante depuis fort longtemps et s’accentuent vers la fin de chaque année en vue de gonfler les chiffres présentés à l’Union Européenne. Une fois de plus, le quotidien arabophone « Al Massae » participe à cette campagne de stigmatisation contre les migrants en publiant dans son édition n° 1643 du jeudi 5 janvier 2012, un dossier de deux pages titré « Des bataillons de migrantes clandestines propagent le SIDA dans les rues du Maroc».
OUJDA, le jeudi 5 janvier 2012 — Les forces de l’ordre ont effectué une série de descentes musclées dans les forêts d’Oujda depuis le 23 décembre 2011. Dans le même temps, des rafles permanentes et des descentes quotidiennes, de nuit comme de jour, étaient organisées par les autorités dans plusieurs villes du Maroc résultant des dizaines de reconduites collectives à la frontière maroco-algérienne près d’Oujda. Tel est le cas de personnes traumatisés par la perte de leurs camarades en mer survenue le 2 et le 22 décembre 2011. A Oujda, des dizaines de migrants ont été arrêtés, seules les femmes et les enfants ont été épargnés. Les abris en plastique ont été démantelés, où se refugiaient des centaines de migrants subsahariens, dont la majorité sont des nouveaux arrivants et des refoulés à la frontière Maroc/Algérie ayant réussi à revenir à Oujda après un « ping-pong » entre militaires marocains et algériens.
Activement engagée dans la défense des droits des migrants, l’ABCDS dénonce la politique de « chasse aux migrants » menée par l’Union Européenne sous-traitée au Maroc, qui confirme aujourd’hui, n’engendrer que plus de drames humains, et une vie encore plus dure pour les migrants.
Dans la même optique, le quotidien arabophone « Al Massae » accuse dans son édition du 5 décembre, 20ème et 21ème pages dans sa rubrique « Enquête de la semaine », les femmes migrantes subsahariennes de constituer des « bataillons » en vue « de propager le Sida dans les rues du Maroc ». D’après l’article « certaines migrantes, à cause des abus sexuels ou physiques commis à leur encontre par les marocains, choisissent délibérément de se venger de la société en omettant d’arrêter la pratique de la prostitution alors qu’elles sont atteintes de graves maladies sexuelles ».
L’ABCDS s’indigne de cette criminalisation des femmes migrantes, et considère que ces accusations et allégations à leur encontre y compris les personnes vivantes avec le VIH/Sida sont infondées et injustifiées. L’ABCDS est profondément déçue et bouleversée de retrouver le sentiment de méfiance et de peur toujours alimenté par certaines organes de presse, rendant ainsi les migrants et les des personnes vivant avec le VIH vulnérables aux actes de discrimination raciale. Le professionnalisme journalistique du rédacteur du dossier est remis en cause, il semble avoir cru à sa thèse et invente un titre choc avant d’avoir commencé son enquête journalistique dans laquelle il devrait éviter de propager les préjugés à l’encontre des migrants et des personnes vivant avec le VIH.
Contact :
Hicham BARAKA, Tél. : +212-667.71.65.24, E-mail : hicham.baraka@gmail.com

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