« Une fois de plus des morts à la porte de l´Europe »

UNE FOIS DE PLUS DES MORTS A LA PORTE DE L’EUROPE

Plus d’une vingtaine de personnes ont trouvé la mort aux larges des
côtes marocaines entre le 1er et le 2 décembre 2011, suite au naufrage
d’une embarcation de zodiaque qui transportaient une soixantaine de
personnes qui voulaient atteindre l’Europe par l’Espagne.
Selon le témoignage des rescapés, « l’embarcation a fait naufrage entre 2 à 3
heures de la nuit, malgré plusieurs tentatives d’alerte de secours à la police
(maritime) marocaine , ils sont restés sans suite favorable au prise de la mort et
c’est donc à cet effet que la mort a causé d’énormes pertes. La police maritime
est arrivé à 18 heures (après presque 24 heures) parce qu’elle avait aperçu de
loin l’arrivé d’un navire espagnole qui venait à notre secours … Lorsque l’acte
avait déjà eu lieu ».
Parmi des personnes qui ont trouvé la mort ce jour là, une mère de
famille et ses deux enfants, tous réfugiés reconnus depuis 2006 par le
bureau du HCR/Maroc dont les noms sont les suivants :

1- Madame Hortense ONINA âgée d’une quarantaine d’années ,
originaire de la République du Congo Brazzaville, mère de 4
enfants dont 2 ont trouvé la mort avec elle.
2- Séphora ONINA (fille) âgée de 18 ans.
3- Meyer ONINA (garçon) âgé de 15 ans.

Lors d’une enquête effectuée , dans le cadre d’une recherche sur la
situation des migrants et des réfugiés au mois d’octobre au nord du
Maroc, nous avons trouvé un petit nombre de réfugiés dans la forêt ,
la plupart d’eux, les femmes ; seules mères des familles, qui vivaient
depuis de nombreuses années à Rabat, et qui ont décidé d’aller vivre
dans la montagne de Gourougou à Nador dans l’attente d’un moment
propice pour passer de l’autre côte de l’Espagne. Madame ONINA
Hortense et ses enfants faisaient parti de ce groupe des réfugiées que
nous avions reçu en interview, elle nous avait déclaré ceci :

« depuis de nombreuses années que je suis au Maroc, je n’ai jamais été reconnu
comme étant réfugiée par les autorités marocaines ni bénéficié d’une assistance
quelconque de leur part qui continuent de refuser d’octroyer les cartes de
séjours aux Réfugiés que sommes, voir même l’acte de naissance des enfants des
réfugiés nés au Maroc, c’est ce qui complique la scolarité de nos enfants.
Continuerons –nous de rester toujours dans cette situation ? alors que nous
avons droit à la vie et d’assurer l’avenir de nos enfants…
Le HCR qui nous a reconnu ne fait rien pour nous, il donne que 800 à 1000
Dhs soit (75 à 95 euros) aux femmes, seules mères des familles. Cette modique
somme ne permet même pas de payer un mois de loyer, par conséquent nous
nous livrons à faire du n’importe quoi, telle que la prostitution avec n’importe
qui, pourvu que nous trouvions de quoi à subvenir aux besoins de la famille.
Tout ce que nous gagnons, ne comble pas l’entière satisfaction de notre
existence au Maroc. D’autant que nous sommes confrontés à plusieurs dépenses
entrant dans le cadre de loyer, nourriture, vêtement, Et enfin de compte, on se
retrouve bredouille au bon milieu du mois avec d’énormes problèmes. Il peut
quelque fois nous arriver tout au long des journées de ne rien trouver à manger.
En cela s’ajoute, le refus Catégorique du HCR de nous réinstaller dans le cadre
d’un regroupement familiale en France où mon mari vie avec mes 2 autres
enfants depuis une certaine période. J’ai adressé plusieurs demandes de
réinstallations au motif des innombrables vulnérabilités au Maroc. Mais ,
aucune satisfaction, personne ne se soucie de mon cas avec mes enfants, au
contraire on m’insulte, me méprise sans cause valable, tout simplement parce
que je sollicite une réinstallation entant que réfugié relevant du mandat du haut
commissariat du hcr. Voila les raisons qui nous ont poussé à venir vivre dans
cette forêt, dans l’espoir de traverser l’Espagne vers l’Europe ».Tout en étant
exposé aux multiples dangers de la nature qui peuvent paraître le viol, les
agressions des bandes armées, et tout ce qu’on peut imaginer comme
imprévisible.
Tel a été la déclaration de madame Hortense ONINA qui répondaient à
notre question au mois d’octobre lors de notre passage dans le cadre
d’enquête que nous avions mené pour le compte d’une ONG.
Nous condamnons avec fermeté :

le comportement irresponsable des marins marocains qui ne voulaient
pas porter secours aux naufragés lors des catastrophes et qui les
assistaient s’ennoyer sans le moindre remord ; et le silence complice du
HCR/Maroc cause réelle de la disparation des êtres humains dans cette
situations.
Nous dénonçons et condamnons l’attitude de ce dernier qui ne porte
pas d’assistance aux réfugiés, pourtant cela entre en vigueur de leur
mission au Maroc et de surcroit, applique la politique d’externalisation
de l’Union Européen.
Nous exigions une enquête qui fera la lumière sur les causes du départ
des réfugiés au risque est péril de leur vie.

Fait à Rabat, le 21/12/2011
Marcel AMIYETO
Porte parole du collectif des Réfugiés
Membre de l’association lemigrants

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