Communique du CSSM au Maroc (en commémoration des événements Ceuta&Melilla)

COMMUNIQUE
DU COLLECTIF DES COMMUNAUTES SUBSAHARIENNES AU MAROC (CCSM)
A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DES EVENEMENTS DE CEUTA ET MELILLA

A l’occasion de la commémoration des événements de Ceuta et Melilla des 30 octobre et 1er novembre 2011, le Collectif des Communautés Subsahariennes au Maroc réclame :
– le jugement des responsables des actes commis à l’encontre des migrants assassinés en 2005 ;
– la régularisation de tous les migrants sans papiers au Maroc ;
– la reconnaissance des associations des migrants subsahariens par le gouvernement Marocain;
– l’arrêt immédiat des arrestations arbitraires et abusives au Maroc comme d’en d’autre pays ;
– le respect des engagements pris par l’ensemble des Etats au niveau international ;
– la ratification par tous les Etats de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille ;
– l’implication des migrants dans tous les processus de réforme des structures politiques qui créent ce type d’inhumanité ;
– le respect du droit à la libre circulation et d’installation ;
– l’adoption de politiques migratoires respectueuses de la dignité humaine et du droit international ;
– l’union des migrants du monde entier autour de la Charte Mondiale des Migrants pour promouvoir et faire valoir leurs droits, au niveau international.
Pour rappel, le 30 octobre 2005, des migrants subsahariens, fuyant la pauvreté, des pays en guerre ou rongés par la mal gouvernance, et recherchant un lendemain meilleur, sont tombés sous les tirs des soldats marocains et espagnols.
Jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait pourquoi ces migrants ont été tués, comment ils ont été tués, qui a donné l’ordre de tirer et où se trouvent les corps. Afin de respecter la justice, le Droit International et la dignité humaine, la Charte Mondiale des Migrants demande que les responsables de ces assassinats soient traduits en justice et que les états reconnaissent leur crime.
Aujourd’hui au Maroc, la situation des migrants ne s’est pas améliorée.
Les migrants ne parviennent jamais à déposer plainte en cas d’agression. Et même si par chance un titre de séjour leur permet de le faire, la police déclare alors que les documents se sont perdus et le dossier est classé sans suite. De plus, malgré la loi 02/03 censée protéger le droit des étrangers au Maroc, on trouve encore parmi les personnes refoulées aux frontières, abandonnées dans le désert ou des enclaves minées, des femmes enceintes et des enfants.
Par ailleurs, les migrants n’ont toujours pas accès aux soins. Les rares personnes qui ont parfois la chance d’accéder aux hôpitaux ou aux centres de santé sont alors victimes de discriminations et de racisme. Ces discriminations s’appliquent ailleurs : pour leur logement, les prix qu’on leur propose sont trois fois plus élevés que ceux proposés aux marocains.

Quant au travail, sans papiers, il est quasiment impossible d’en trouver un, et si certains y parviennent, ils sont systématiquement exploités, avec un salaire en dessous du minimum vital et des conditions de travail inhumaines.
Sur le plan de l’éducation, on compte plus de 900 jeunes et enfants ne pouvant pas à aller à l’école. Les métisses maroco-subsahariens ne sont pas plus favorisés: si l’un des parents n’a pas de papiers, l’inscription de l’enfant à l’école est impossible.
Enfin, Il n’y a toujours aucune association subsaharienne reconnue par l’Etat marocain et aucun migrant n’a été régularisé alors que certains vivent et sont installés au Maroc depuis plus de 10 ans.

Le CCSM adhère et invite les autres organisations et associations des migrants à adhérer à l’appel de la Charte Mondiale des Migrants à participer massivement à la journée de mobilisation mondiale du 18 décembre 2011. Retrouvez toutes les informations sur les manifestations organisées dans votre pays sur le site http://www.globalmigrantsaction.org et http://www.wcm-cmm.org.

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